En bref. Guérir son âme d’enfant et aimer son double vont de pair, car le double se nourrit de la fusion. Cette métamorphose peut faire traverser une vie douloureuse ; elle invite à rester en soi plutôt qu’à fuir, et à reprendre le roman que nos ancêtres nous ont transmis.
Quand on devient plus juste avec soi, archi motivé pour faire sa leçon, c’est-à-dire voir ce que l’on est et pourquoi l’on est incarné sur Terre, la vie devient tout de suite un phénomène bien plus familier. Plus hétérogène aussi, sans doute, parce que nous avons toujours des convulsions et faisons encore des circonvolutions autour de ce qui était là avant. Nous sommes.
Le jeu matriciel
En fait, on vit un jeu matriciel. Il y a la mère nourricière, qui est la Terre, et le soleil, qui est Dieu. Et puis il y a l’ombre, qui crée une confusion de niveaux : on pense avoir le libre arbitre, mais en vérité on ne l’a pas ; on doit le rechercher, le retrouver. La confusion est là, et la fusion aussi.
La fusion, une métamorphose
Guérir son âme d’enfant, aimer son enfant intérieur, son double : tout cela va de pair. Car le double se nourrit de la fusion, et la fusion est l’incarnation poussée à son maximum, à son pinacle. C’est la métamorphose.
C’est aussi ce qui fait que l’on peut être conduit à vivre une vie douloureuse, une vie de chien, quand on est dans la fusion : on n’a pas de revenus, pas d’amis, pas de partenaire, on a peut-être perdu son travail. Tous ces éléments participent à la fusion. Ils sont critiqués sur le web, et les gens sont décontenancés. Je pense à Virginie Tanguay, que j’ai vue sur YouTube raconter de multiples façons combien ce mouvement a été rude pour elle ; je pourrais aussi parler de son conjoint. Et de mon cas : j’ai été paralysé de douleur, j’ai vécu des choses affreuses, parce que je devais fusionner avec mon double. Je le voulais, c’était mon choix, mon libre arbitre.
Un libre arbitre qui me possède, et non l’inverse : comme le dit Heidegger, ce n’est pas l’homme qui possède la liberté, c’est la liberté qui possède l’homme. J’ai fait beaucoup de philosophie et lu beaucoup de théories, mais rien n’est plus valable, plus matérialisable, qu’une souffrance, qu’une expérience dans le monde. C’est elle qui crée un rapport plus corrosif, et moins orgueilleux, à la présomption d’avoir lu les textes des géants. Pour traverser ces turbulences, l’expérience vaut plus que les livres.
L’æon que nous traversons
Ce que je voudrais ajouter, c’est que nous sommes en cours, en cheminement — en acheminement, pour dire le mot — dans l’æon que nous traversons : nous sommes en train de foutre le camp de cette matrice orgueilleuse et luciférienne pour arriver à un monde plus joyeux, plus festif, plus tout. En gros, nous vivons un monde de mort et nous arrivons à la vie.
Ce n’est pas fini. Mais on peut déjà voir que notre façon d’aimer notre prochain, nos parents, notre frère, notre sœur, nos amis, notre partenaire de vie, est souvent une façon de nous prémunir : de ne pas avoir à faire face à qui nous sommes véritablement.
Rester chez soi, lire son roman
La meilleure façon de savoir qui nous sommes véritablement, c’est d’aller à l’encontre de ce qui nous est proposé, de ce que nous proposons d’ordinaire : faire des sorties, aller au restaurant. Je dirais plutôt qu’il faut rester chez soi, se reposer, et voir à l’intérieur de soi le mouvement.
Un mouvement littéraire, parce que chacune de nos vies est un roman en passation. Je prends le relais de mes aïeux, de mes ancêtres, le relais de l’ADN, et je le transmets ensuite à mes nourriciers si j’ai fait un travail sur moi. Cela a une influence, un impact sur les sphères centrales, les parents comme les aïeux plus lointains ; et c’est aussi un domaine que je transmets à mes progénitures.
L’æon maximal
Pour conclure ce court chapitre sur l’æon : la majorité de ce qu’on voudrait nommer silencieux est une confusion de niveaux. Il y a bien, dans la matière, deux mondes : le monde de la métempsychose, le monde de l’impact nucléaire, et le monde de la fusion organique avec ses cellules. C’est ce dernier que j’ai choisi de nommer l’æon maximal.
C’est la façon dont on va vivre la vie dorénavant, en rupture avec le monde consolidé que l’on voit dans les journaux, dans la matière, à la télé — tant qu’on n’a pas fait le travail sur soi.
Ce texte partage une expérience et une vision personnelles. Si la douleur, la solitude ou une perte de revenus vous pèsent, en parler à un médecin ou à un proche reste un appui précieux.